La tour Romaine

Depuis l’Antiquité, la colline qui surplombe l’actuelle commune de PUSIGNAN est déjà connue pour sa vue panoramique sur la plaine environnante. 52 av JC , alors que Jules César est en train de conquérir la Gaule, son lieutenant plus vraisemblablement un centurion, fait établir sur cette colline un camp fortifié, sur un emplacement appelé « le pavillon » quelques cahutes , des  paysans locaux sont venus pour bénéficier de la protection de la garnison, formant une Villae rusticae qui sera appelée « PUSINIUS » ou « Podium » dérivé du patronyme du Centurion.

Cette Garnison peut ainsi contrôler la voie qui relie Lyon ( Lugdunum ) et Crémieu (Crémiacum) au col du petit St Bernard , une des nombreuses voies qui donnent l’accès à l’Italie.

 reconstitution de la tour de guet  romaine

Dessin de Mr TASSET – revue par NOILLET

Vue générale de PUSIGNAN avec sur la droite la tour de guet

A partir de cette époque , le promontoire ne cessera d’être occupé, les burgondes prendront la suite des romains après la chute de l’empire.

la seule trace du passage des Burgondes dans notre région sont une tombe et un article du Progrès.

 

  Le Châtel Vieil

Vers le X° siècle une motte cadastral a progressivement été renforcée par une construction en galet pour devenir le château vieux.

                           

                                 Dessin de Mr TASSET revue NOILLET

Dernière trace du bâtiment vers 1960 avant la vente du terrain pour ériger une construction moderne

le plan cadastral de1812  

Le Château de FERRAGUET

A l’orée du XII° siècle cet ouvrage ( le Châtel-Vieil) de petite taille ne peut suffire à la protection du village, qui comprenait environ 80 feux, face aux nombreuses querelles avec les seigneurs alentour , ce dernier sera démoli après  1389, suite à l’édition d’une missive du Roi Charles VI autorisant sa démolition.

 

Les textes parlent alors de la famille de MOIFOND (1151) , sans que la transmission soit clairement établie, Hervis de PUSIGNAN (1183) Rostaing de PUSIGNAN (1349), la famille BOCSOZEL, vassal du Comte de SAVOIE, occupe le château en 1234.

Galvaing de MICHAILLE, famille de DEMPTEZIEU , Châtelain de MORESTEL , puis de BOURGOIN en 1389-1412, par son mariage avec Béatrix de PUSIGNAN en1387, devient châtelain de PUSIGNAN, ce dernier reçu l’autorisation de démolir le Châtel-Vieil en 1389.

 

Le château Delphinal, pendant tout le moyen-âge fut une place Delphinale forte importante, le château de PUSIGNAN entre dans l’histoire en 1430, lors de la bataille d’ANTHON. Le Prince d’ORANGE, Louis de CHALON souhaite conquérir le DAUPHINE, pour pouvoir relier ses deux territoires et n’en faire qu’un.

Alix de VARAX (veuve en 1417) de Galvaing de MICHAILLE, rejoint les troupes Orangistes et accueille des troupes du Prince de CHALON dans son château.

Les troupes du DAUPHINE menées par Raoul  GAUCOURT prendront l’initiative  avec l’aide des troupes de LYON et du Capitaine Rodrigue de VILLANDRANDO.

Le 7 juin 1430, les troupes  Dauphinoise  coalisées qui ont emporté des victoires devant les châteaux , de AUTERIVE, d’ASSIEU, et de COLOMBIER, font le siège du château de PUSIGNAN à la première attaque, le 9 juin, les troupes Orangistes capitules. Le 11 juin 1430, les troupes Dauphinoises remportent une victoire décisive.

Depuis cet évènement , le Roi Charles VII confisque le château de PUSIGNAN à Aix de VARAX et le cède au Capitaine Rodrigue de VILLANDRAANDO, qui avait pris une part active et décisive à la victoire

Rodrigue de VILLANDRANDO

En 1450, le château passe dans les mains d’Aymar de POISIEU, écuyer de Jeanne d’ARC a la bataille d’ORLEAN,  futur confident du Roi Louis XI. le château restera dans sa famille jusqu’en 1573. La famille de POISIEU vend PUSIGNAN à François de COSTAING, seigneur du Palais . Ses héritiers auront eux aussi une place de choix à la cour des Rois de FRANCE, Louis XIII et Louis XIV.

Après la mort de Claude de COSTAING, Marquis de PUSIGNAN, tué d’un coup de mousquet le 10 mai 1689, le château va être à plusieurs reprises,. le dernier seigneur de PUSIGNAN, Hugues de GAUTIER de MEZIA, en sera chassé par la révolution.

Le château sera incendié le 2 juillet 1789 par une émeute populaire, ruiné, pillé par un maçon qui en a fait une carrière pour des constructions dans le pays .

Le château n’a jamais était inscrit aux monuments historiques , car la DRAC ( Direction Régionale des Affaires Culturelles) du Rhône n’a pas jugé de vestiges suffisants.

Même s’il subsiste que peu de vestiges de la construction d’origine, ce Château reste un témoin de l’histoire du DAUPHINE, de la FRANCE, une Mémoire de PUSIGNAN.

Plan Cadastral de 181

             

                               André NOILLET